Lunes

 

Poème publié dans le livre « Cueillir la beauté » (voir http://jpchavey.com/?cat=4)

La lune a le visage de toutes les femmes du monde

Insaisissable et belle, la lune a le visage,
De toutes les femmes du monde, de tous bords, de tous âges…

Quand elle brille, qu’elle est pleine, au milieu d’un ciel noir,
Je vois dans ses yeux clairs un visage plein d’espoir,
Une femme radieuse, solaire, qui ne cache aucune ombre,
Une belle âme qui rayonne dans la nuit des gens sombres.

Quand les nuages l’entourent, et s’en trouvent tout brillants
Je devine une maman qui éclaire ses enfants.
Le monde serait si froid sans cette féminité,
La nuit serait si sombre sans cette tendre clarté !

Quand elle n’est qu’un croissant qui se couche vers minuit,
Je crois apercevoir la peur d’une femme qui fuit,
Voilant derrière les arbres les larmes de son cœur
En attendant, peut-être, que vienne un jour meilleur.

Au milieu d’un ciel bleu, quand je vois son blanc fade
Sa pâleur me raconte l’histoire d’une fille malade,
Qu’on aurait emmenée à la mer pour guérir,
Mais que le bleu des vagues n’aurait pu qu’affaiblir.

Et quand elle se lève rouge, ou d’un orange d’or,
Je vois une femme troublée, dont les joues se colorent
Quand un homme vient lui dire le « je t’aime » qu’elle attend,
Et qu’elle prépare déjà un baiser consentant…

Parfois dans mes jumelles, j’aperçois ses cratères,
Je revois le visage ridé de ma grand-mère,
Elle portait sur son front des années de labeur,
Mais, aux petits enfants, elle parlait de bonheur !

La lune a le visage d’une amie, d’une femme,
De toutes les femmes du monde, dans leurs joies et leurs drames.
Le soir, parfois, je crois qu’en douce elle me sourit ;
Naïf, je lui réponds, avant d’aller au lit.